DevDay OpenAI : GPT-6.1 Sol, Dots et le pari du travail délégué

Sam Altman portant un micro sur scène au TechCrunch Disrupt de San Francisco en 2019.

Sam Altman au TechCrunch Disrupt de San Francisco, le 3 octobre 2019. Photo d'archive redimensionnée. Steve Jennings/Getty Images pour TechCrunch, via Wikimedia Commons, CC BY 2.0.

Avec GPT-6.1 Sol, OpenAI cherche à rendre les tâches complexes moins coûteuses. Mais le DevDay du 29 septembre 2026 ne se résume pas à un modèle : Dots, Codex dans le cloud et ChatGPT Space organisent un travail que l'on délègue, puis reprend à plusieurs.

GPT-6.1 Sol : le prix comme levier

Le chiffre à retenir concerne d'abord les développeurs qui intègrent l'IA dans leurs logiciels. Les tarifs standard de GPT-6.1 Sol sont de 2 dollars par million de tokens d'entrée et de 10 dollars par million de tokens de sortie. Ces unités mesurent les fragments de texte traités et produits par le modèle. Dans les deux cas, le tarif représente un cinquième de celui de GPT-6 Astra.

Pourquoi ce prix compte-t-il autant ? Un agent chargé de corriger un logiciel ne produit pas seulement une réponse. Il peut lire du code, proposer un changement, lancer des outils, examiner les résultats et recommencer. Ces allers-retours consomment des tokens. Réduire leur prix rend plus abordable la répétition de ces étapes, même si la facture finale dépend aussi du volume utilisé et des outils appelés.

OpenAI présente Sol comme proche d'Astra sur plusieurs travaux complexes. Son exemple le plus parlant concerne DeepSWE v1.1, une évaluation où les agents résolvent des tâches de développement dans de véritables bases de code. L'entreprise y rapporte un score égal à celui d'Astra, pour environ un cinquième du coût. Le résultat vient de ses propres évaluations et porte sur ces tâches précises. Astra reste notamment devant sur le test de recherche scientifique publié dans la même annonce.

Pour les dossiers volumineux, la documentation de Sol indique toutefois une majoration au-delà de 272 000 tokens d'entrée : les tarifs d'entrée doublent et ceux de sortie sont multipliés par 1,5 sur toute la requête.

Sol est accessible dans ChatGPT Work et Codex aux abonnés Plus, Pro, Business, Enterprise et Edu, ainsi que par l'API, l'interface destinée aux logiciels. Il n'est pas encore disponible dans Chat, la conversation classique de ChatGPT.

Avec Dots, déléguer devient un travail suivi

Un modèle moins cher ne suffit pas à prendre en charge un projet. Il lui faut des outils, un environnement de travail et un moyen de reprendre ce qui a déjà été fait. C'est le rôle des Dots présentés par OpenAI, des agents persistants dotés de leur propre ordinateur dans le cloud. Ils reposent sur GPT-6 Astra, pas sur Sol.

Leur intérêt se comprend dans un exemple rapporté par OpenAI : chez un premier testeur, un Dot a repéré une facture oubliée, l'a préparée, puis l'a envoyée après approbation. L'agent a relié une information à une action et suivi le travail jusqu'au document attendu. On peut lui parler dans ChatGPT, Slack ou Teams, suivre son avancement et lui donner de nouvelles consignes sans repartir de zéro à chaque changement de canal.

Cette continuité ne lui donne pas carte blanche. Sa recherche proactive en arrière-plan utilise des accès en lecture seule. Pour les actions déléguées, des règles permettent d'autoriser une opération, d'imposer une validation ou de la bloquer. La préparation d'une facture et son envoi relèvent ainsi de deux décisions différentes.

Le déploiement est progressif pour Pro et Business Premium dans les marchés éligibles. Enterprise, Edu et Healthcare passent par une bêta activée par l'administrateur. Le premier Dot est inclus dans les deux premiers abonnements, avec une allocation pour les travaux approfondis. Les tâches qu'il lance dans Codex ou ChatGPT Work continuent de consommer les quotas de ces services. Avoir un agent disponible en permanence n'équivaut pas à disposer d'une capacité de travail illimitée.

Un ordinateur distant, puis un document partagé

Où ce travail se déroule-t-il lorsqu'on ferme son ordinateur ? Les nouveautés de Codex apportent une réponse matérielle à cette question. Comme le décrit CNET dans son compte rendu du DevDay, les projets de développement peuvent désormais être conservés entièrement dans le cloud. Leur exécution ne dépend plus nécessairement de l'ordinateur personnel laissé allumé.

Unite.AI détaille aussi des environnements réutilisables avec des réglages et permissions partagés. Pour une équipe, l'intérêt est de retrouver un cadre de travail commun, au lieu de reconstituer la configuration à chaque tâche. Le téléphone peut servir à suivre ou piloter le travail à distance.

ChatGPT Space s'occupe de l'autre bout de la chaîne : ce que l'équipe fait du résultat. Cet espace accueille des documents, appelés Pages, que des personnes et leurs agents peuvent construire ensemble. Une réponse utile peut ainsi devenir un document collectif, modifié et repris au fil du projet, plutôt que rester enfouie dans l'historique d'une discussion.

Selon Unite.AI, Space et Pages sont proposés sur ordinateur et sur le web aux offres Pro, Business et Enterprise. Sur mobile, l'accès initial sert à retrouver, lire et partager les pages. Les diapositives collaboratives sont, elles, annoncées pour les semaines suivantes. Codex fournit donc le lieu d'exécution, Space le lieu de reprise et de collaboration : deux besoins différents d'un même travail délégué.

La vitesse reste une offre premium

Faire durer un travail et le faire avancer plus vite sont deux problèmes distincts. OpenAI prépare une version Sol Ultrafast, annoncée avec une génération de tokens jusqu'à huit fois plus rapide dans Codex. Ce chiffre mesure le débit du modèle, pas la durée totale d'un projet qui comporte aussi des recherches, des appels d'outils ou des validations humaines. Cette version est annoncée pour les jours suivant le lancement de Sol.

La version Astra Ultrafast est déjà proposée, notamment dans les offres Pro 500 et Enterprise, d'après Unite.AI. CNET rapporte un nouveau palier Pro 500 à 500 dollars par mois. Le contraste avec Sol est révélateur : OpenAI réduit le coût d'accès à certaines capacités dans l'API tout en vendant plus cher la vitesse et les allocations les plus élevées. Les tokens moins coûteux ne constituent pas une baisse générale des abonnements.

La stratégie déborde enfin les applications d'OpenAI. Selon Unite.AI, « Sign in with ChatGPT » permet aux abonnés Plus et Pro d'utiliser leur allocation dans 16 outils partenaires, dont Notion, Vercel et Devin, avec des contrôles d'usage par outil. L'abonnement devient aussi un moyen d'accéder à l'IA depuis des logiciels où le travail existe déjà.

Ces annonces dessinent une offre à plusieurs étages : choisir un moteur selon la tâche et son coût, lui confier du travail dans un environnement persistant, puis reprendre le résultat avec d'autres. Le pari du DevDay se joue là. OpenAI veut que l'IA cesse d'être seulement l'endroit où l'on pose une question, pour devenir un endroit où le travail se poursuit.